Election présidentielle 2022Politique

La campagne de Marine Le Pen polluée par les ralliements à Eric Zemmour

La photo devait être belle : Marine Le Pen aux côtés de ses alliés européens à Madrid pour afficher sa crédibilité à l’international. Mais le soleil de la capitale espagnole a vite été obscurci ce samedi par les rumeurs de « trahison » au sein de sa famille politique. L’eurodéputé RN Nicolas Bay, qui l’accompagnait lors de ce déplacement samedi, a refusé de dire explicitement
sur BFMTV qu’il la soutiendrait jusqu’au bout de la campagne.

La sortie a entraîné des échanges houleux entre ce dernieret l’équipe de la candidate. « Ceux qui veulent partir partent, mais ils partent maintenant ! »,
a aussi menacé Marine Le Pen. « Parce que ce qui est insupportable, c’est
la taqiya qu’ils reprochent eux-mêmes aux islamistes », a-t-elle ajouté lors d’un point presse, en référence aux derniers ralliements vers
Eric Zemmour. A quelques jours de sa grande convention présidentielle, samedi prochain, Marine Le Pen voit sa campagne polluée par ces départs et les hésitations de sa nièce Marion Maréchal,
également tentée de franchir le Rubicon.

« Marine Le Pen est enfermée dans le rôle de perdante éternelle », tacle Eric Zemmour

En quelques jours, Marine Le Pen a vu partir le patron des eurodéputés RN Jérôme Rivière, l’un des porte-paroles de sa campagne, le député européen Gilbert Collard, mais également le très médiatique Jean Messiha et l’influent militant identitaire Damien Rieu, tous deux ex-RN. « Collard, c’est top 5 des figures médiatiques du RN, ça va faire mal dans le Sud. Messiha fait des cartons d’audience sur les plateaux, et Rieu est considéré au RN comme le meilleur sur les réseaux sociaux », sourit un proche d’Eric Zemmour. Ces départs interviennent dans un contexte ou la députée du Pas-de-Calais a pourtant mis son rival à distance de plusieurs points dans les sondages.

« Cela prouve que ceux qui nous rejoignent le font par conviction et non par opportunisme, avance Dénis Cieslik, porte-parole de Reconquête. Ils ont compris que seul Eric Zemmour pouvait remporter la présidentielle en réalisant l’union des droites ». C’est le principal argument mis en avant par les récents transfuges, comme par le candidat identitaire depuis son entrée en campagne. « Marine Le Pen est enfermée dans le rôle de perdante éternelle. J’ai la chance de pouvoir parler aux classes populaires et à la bourgeoisie, je peux faire cette synthèse victorieuse. Ce qu’elle ne peut pas faire et ce que Valérie Pécresse ne veut pas faire », disait récemment l’intéressé aux journalistes.

Eric Zemmour avec ses nouveaux soutiens Gilbert Collard et Guillaume Peltier.
Eric Zemmour avec ses nouveaux soutiens Gilbert Collard et Guillaume Peltier. – SYSPEO/SIPA

« Monsieur Zemmour fait traîner le feuilleton médiatique »

Ces ralliements ont fait monter la tension entre les deux camps ces derniers jours. Jordan Bardella, le président du RN par intérim, a dénoncé sur BFMTV les « méthodes déloyales » d’Eric Zemmour pour attirer les cadres de son mouvement. « Ils ont contacté tout le monde, ils promettent de l’argent, des investitures aux élections législatives (…) Je me demande si l’opération Eric Zemmour n’est pas là pour empêcher l’élection de Marine Le Pen. »

« De l’écume médiatique qui n’intéresse pas les Français », renchérit Gilles Pennelle, cadre du RN responsable des fédérations. « Monsieur Zemmour met en scène ces ralliements pour faire traîner le feuilleton médiatique car il est en difficulté dans sa campagne. Mais à chaque fois que nous sommes attaqués, l’appareil militant fait bloc. Marine Le Pen jouit d’un soutien sans faille dans nos fédérations. »

Reste que les sorties médiatiques de Marion Maréchal, très populaire au sein des militants, ont créé des remous dans le « camp national ». Un soutien de l’ex-députée du Vaucluse à Eric Zemmour ne serait pas sans conséquence pour l’aile identitaire du RN. Au point que la candidate à la présidentielle a joué l’apaisement, lundi soir sur Europe 1 : « Si Marion m’appelait pour me dire qu’elle revient, il n’y aurait aucun problème. » Dans cette tempête, Marine Le Pen a toutefois bénéficié d’un soutien
qu’elle n’attendait peut-être plus.
Celui de son père, Jean-Marie, qui a même proposé de jouer les médiateurs entre sa fille et sa petite-fille.

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